“LES GENS SONT CONTENT” correspondance.
On connait un gars qui trimbale son arrière train à travers l’argentine et p’t’être même le brésil et tous ces pays d’Amériques du sud. Bref toujours est-il qu’il nous a envoyé des photos de culs et un billet doux sur une course de planche à voile qu’il à dégoté avec un type dans un hôtel miteux.

“On a beau être dans le fond de cul le plus enfoui du monde, on est toujours confronté aux mêmes vices.
Je m’en rend compte lors d’une improbable compétition de planche à voile à la Cuesta del viento, un lac des Andes Argentine, quand on me demande de couvrir le défilé de gonzesses en bikini qui a lieu en même temps. J’imagine qu’elles sont là dans la même optique que lorsqu’on bourrait la gueule des kamikazes à grand coup de saké avant de les envoyer s’éclater la face sur des porte-avions.
Qu’est-ce que ces corps à louer viennent foutre au beau milieu de nulle part, si ce n’est attirer l’oeil lubrique et pervers du moustachu en rut de ce village d’à côté…? Rodéo, où la consanguinité est la seule chose qui permet la survie d’une population pourtant condamnée par la mine d’argent en amont. La compagnie minière a d’ailleurs la gentillesse de subventionner l’événement pour maquiller les mètres cubes de mort qu’elle dégueule chaque jour en pleine nature.
Les gens sont content. Il y a des jeunes culs et des seins assez fermes pour leur faire oublier la laideur de leurs femme et la médiocrité de leurs vies l’espace d’une petite dizaine de minutes. Et puis il n’auront pas à acheter dans la honte l’unique magazine porno de l’unique kiosque de l’unique rue du village cette semaine. Il leur suffira d’acheter le journal, et ils pourront se masturber et jouir sur mes images. Étrangement, je trouve assez grisant d’avoir pu participer au génocide des futurs habitants, et ce avant même leur conception.”


B.L.
>courrier
“Cher Freak @ loser
J’ai cru voir que votre magazine était reparti
je ne dirais pas que je m’en réjouis car c’est un torchon numérique
mais je suis quand même content”
L’EUROSTAR DE LA MORT

On a voulu couvrir le concert de Nico (ndlr Nicolas Jaar) à THE CAMP dans Shoreditch mais on est resté trop longtemps avec Jack alors on l’a raté parce qu’y’avait plus de place. Voici ce qui reste de Londres.
1 poisson, 2 poissons, 3 poissons, … Personne ne compte, tout le monde s’en fou. Pourtant il y a toute cette flotte au dessus, gelée et salée, avec tous ces putains de poissons qui se faufilent à travers les traînées de merde que lâchent les ferries. Une mer zébrée, comme une marée noire de merde. « Mange pas de poissons » j’lui dis. Heureusement qu’on va super vite, on aura peut être une chance d’y échapper si ça pète, sauf si ça pète devant, là c’est la tuile. Mon thorax implose, c’est la désintégration de mes organes vitaux ; le trou noir de l’angoisse. Il y a pas de canot de sauvetage dans un train. Je veux une Wet Nellie pour choper la Reine si tout ça fou l’camp. Et puis c’est quoi toute cette putain de moquette grise dégueulasse, ces bruits de ventilations à bout de souffle, ce rétro-futurisme ambiant?! On fait pas le malin six pieds sous terre, j’espère que ce zingue de l’enfer est en règle. J’serre mon bouquin plein de couleurs entre les mains. Lire les conneries d’une bande de branquignoles explosé au jus d’orange (*) n’est pas une super idée, mais leur carlingue n’a pas l’air mieux que la mienne. Je glisse doucement mes doigts entre les pages, la fille décroise ses jambes. Ses cheveux d’or glissent sur ses épaules saillantes, comme du mercure sur… « C’est quoi ça? » que j’lui fait, en effectuant des ronds avec mes bras, pour désigner ce bordel métallique dans lequel on est embarqué. « C’est le ver… » qu’elle me répond, « Le ver de terre tout en acier qui pourfend la chair de notre mère la planète terre ». « OH PUTAIN!! » que j’crie la tête en arrière. Elle me dis ça sans même bouger les lèvres. Une hippie ventriloque! Quelle dinguerie! L’éclairage électrique faiblit petit à petit. Une brume jaunâtre envahie maintenant le compartiment molletonné de gris pourri. D’ailleurs ça pue. « Mais oui c’est ça, on est à l’intérieur! A L’INTERIEUR! ». Comment n’y avoir pas pensé plus tôt?! D’autant plus que mes jambes n’ont pas de place. Assis dans les plis de tripes capitonnées, je regarde ma voisine, elle inonde d’une lumière divine ce tunnel de moquette organique. Allongé en diva sur son divan, elle me regarde, elle, celle qui a mille visages et la grâce d’une déesse. Elle a beau être moche, cette moquette est incroyablement douce, tu peux la caresser dans tous les sens, elle n’a pas de sens. De la soie intestinale! De la soie intestinale en abondance bon Dieu! Voilà qui est merveilleux, la douceur éternelle dans le noir absolu. Tu parles, ils l’on prévu. Au cas où si ça foire, t’as le cercueil de compèt, ta pyramide avec ton wagon bar. Qu’il arrête de creuser bordel, j’ai trop chaud et je sue à grosse goutte! Me voilà à patauger dans la marre de l’angoisse, les viscères nouées au milieu de cette moquette dégueulasse. Je m’extirpe de ces tripes, plus de déesse immaculée, pas de lumière salvatrice, j’avance, tâtonnant, titubant jusqu’à tomber avant la fin du tunnel. Je vomis.
(*): ndlr Acid Test de Tom Wolf.
>CORRESPONDANCE
“En ce qui concerne mon activité journalistique, je suis malheureusement trop heureux et épanouïe pour flirter avec l’inspiration. Je ne demande rien à la vie pour l’instant, mes batteries émotives sont à zéro, l’atmosphère n’est plus qu’une fausse lueur de bonheur, occupant mon esprit à d’autres activités calqué sur le modèle bourgeois de l’existence. Aujourd’hui j’ai l’ambition d’être heureux et si ça t’emmerde, alors attend la prochaine vague dépressive qui fera voler en éclat le vase des limites dans un exès de fluide.”
>rencontre boulevard chezy
Rennes chie du disney foiré. Le syndrome de peter pan c’est d’la merde. Tous ces freaks et losers qu’ont vendu la bidoche qui leur servait de cerveau pour s’acheter une dernière dose, font peur aux enfants. Et mon dieu, il y en a beaucoup trop, un dimanche matin a crever sur les pavés de cette ville nauséabonde. Un vrai défilé de pantins tous plus étrange les uns que les autres, l’âme bouffée par la boisson, qui érrent dans un dédale moyen-âgeux foireux, le minautore est pas loin, il brille dans leurs yeux. J’ai rencontré cette putain transexuelle noire pas loin d’un parc à enfant, lugubre, après avoir traversé un pont. Elle/il se fait appelé la fée clochette.

Fée clochette: Hey mon mignon, t’aimes mes rajouts? Tu veux un truc? Pourquoi tu traines si tard dans la nuit?
FREAK&LOSERmag: La couleur est bien. Mais pourquoi tu brilles autant?
Fée C. : Il sont beaux hein. Et mon rouge à lèvres tu l’aimes? Je suis sexy hein? Je t’ai jamais vu dans le coin.
F&L: J’étais là une fois. Mais j’allais par là. C’est une perruque? Pourquoi tes seins sont plats?
Fée C. : Je suis la fée clochette, je suis la fée clochette, les gens savent où me trouver quand ils veulent me trouver. Je suis toute de blanc vétue, mais là j’ai une veste. C’est pas la mienne. C’est à une âme égarée. Il me l’a donné pour me remercier. Les gens disent que je leur fais du bien. Ils disent qu’ils sont contents mais moi je les trouve toujours tristes. Je suis la fée clochette et on me court après, je suis la fée clochette et on ne m’attrape jamais. Qu’est ce que tu cherches? Si je suis là, c’est à cause de toi.
F&L: On est où?
Fée C. : Ne me mets pas dans la boîte. Je suis la fée clochette, je n’existe pas. Tu n’y verras que d’affreux arbres. Tu n’y verras que d’affreux arbres avec quelqu’un. Il sera seulement ce que l’on veut de moi. Il sera toi.
F&L: C’est fou ce qu’il y a comme oiseaux ici. C’est le matin?
Fée C. : C’est chez toi. … Qu’est ce que tu as au bras?
F&L: Je me suis coupé sur du verre, un rigolo a cassé une vitre chez moi. Ce mec était ivre et maintenant je dois réparer.
Fée C. : Etrange d’habiter chez soi. N’habite pas chez toi. Habite le monde. Habite là et là. Habite les gens, habite des trucs, des choses. N’habite pas chez toi. Habite moi.
L
FEAR AND LOATHING IN TAKLAMAKAN
remasterisé
Le blanc crème qui recouvre cette bagnole cabossée par les miles, bataille avec le temps ; une rouille affamée est en train de saigner cette Thunderbird de 1966 et je suis content. Je grimpe dans cette Ford de l’oncle Sam, que je viens d’acheter pour une poignée de Yuan, à un garagiste plutôt louche. Un espèce de charlatan habillé en clown. Il a des converses blanches avec des chaussettes blanches tirées jusqu’aux genoux. Il a un petit short beige sur lequel tombe une chemise à fleurs trop grande. Elle est jaune et bleu. Sur sa tête de croque mort allumé est vissé un bob blanc, et, des lunettes énormes lui glissent sur le nez. On dirait le Docteur Thompson en chinois ?! Hunter vivant ?! et chinois ?! c’est complètement flippant comme délire. Il baragouine dans un chi-anglais pas possible un truc du genre « j’ai trouvé cette caisse à 200 bornes d’ici dans le désert. Elle était vide » et il rigole. Le cuir couleur sang séché des banquettes est lacéré et je suis certain que si j’approche mon pif, j’aurais l’odeur du bonhomme qui a passé un bout de sa vie à chevaucher cette carlingue avant moi, et de péter les plombs en plein milieu du Taklamakan. La portière couine avant de claquer. Des tâches brunes de cigarettes écrasées, sont parsemées un peu partout sur le tableau de bord. Je m’en allume une et je tourne la clef dans cette bête qui se met à cracher noir. Je quitte cette station essence, dernière architecture de l’homme avant les 334 prochains miles (550km), soit la plus longue distance de route au monde sans ville traversée. Ça va être cool, l’occasion de rouler à toute berzingue et le temps d’un petit bilan. Dans mon rétro le gars reste planté là, la pompe à essence dans une main, il a l’air de me dire au revoir. Maintenant je roule, je roule à fond la caisse, la route est droite jusqu’à l’horizon. Je ferme les yeux un instant, « C’EST MOI KOWALSKI » que je crie dans l’habitacle. La radio cassette passe une reprise d’Iron Maiden : « the number of the beast » par djali zwan. Dans mon rétro il n’y a plus rien, plus de chaman, plus de super. Faites ENTRER LE VIDE. Les premières dunes de sables se dessinent quand tombent les derniers lampadaires. Les lézards meurent brûlés sur l’asphalte. Peu à peu la vie s’efface dans ce désert inhospitalier d’Asie Centrale qu’ils surnomment tous « la Mer de la Mort ». Je traverse clope au bec, sable et cactus, fenêtre et chemise ouvertes …

L
http://www.youtube.com/watch?v=YbI4O7RZqbo
NAKED MEN IN PARADISE

Au départ c’était plus qu’un simple groupe de rock. C’est sans doute au lendemain d’une beuverie monumentale qu’une déferlante de dépression a amené les Naked Men in Paradise sur le continent. Ce qui devait être une destruction musicale à la recherche du retour originel, celui d’état d’homme nu au paradis, s’est finalement avéré n’être rien de plus qu’un projet éthylique de fin de soirée à tel point que personne, y compris eux, ne sait vraiment combien ils sont. L’ambition n’étant pas couplée au talent, le travail non fourni par les Naked Men n’a pas vraiment abouti. Mais aux dires de quelques témoignages, une première répétition a fait naître un groupe légendaire, un nouveau souffle pour le rock’n roll des années 2000 à l’origine des tempes dégarnies d’Albert Hammond Jr. Le pitoyable chanteur, étouffé par les vapeurs de Jack Daniel’s, a transformé une longue nuit de création en une courte nuit désolante dont le monde aurait aimé se passer. Appuyé par des instrumentistes novices qui, malgré une abnégation et un investissement coûteux, ne pensait qu’à s’enivrer dans une boîte de nuit merdique ou aucune rock star ne s’aventurerait même pour la résurrection de Jimi Hendrix. Un potentiel de loser très bien exploité qui permettrait au Naked Men de se projeter dans un futur maudit, utile a tout poète et gloire posthume. A ce jour, les ambitions musicales des hommes nus se sont restreintes à un vocabulaire plus abordable. Le retour aux bases étant essentiel, ils s’efforcent de ne plus brûler les étapes. Si un jour le germe venait à sortir de son terreau, suivez bien sa croissance et ne vous avisez jamais d’élaguer la puissance créative de ce qui sera un jour le plus grand groupe du monde. Pour l’instant, l’imminente sécheresse qui cours à la perdition du genre humain ne permet pas au Naked Men de mûrir, mais c’est sans compter sur l’aide de ces putains d’écolos qui vont bientôt sauver la planète.
t:F. i:L.
atmosphere #3 : SANS CONVICTION

Les quadragénaires fans de techno et les danseuses de flamenco nous font chier.
perte du fichier audio
>courrier

“La télé est faite pour les cons, les glandeurs invétérés, les bouffeurs de junk food… le sport est destiné aux pauvres d’esprit… Facebook a été créé pour les abrutis, irréfléchis, consommateurs sans besoin, pour toutes ces personnes qui recherchent la reconnaissance en chiant leur vie sans relief sur leur mur de la honte… Voilà le genre de phrases stéréotypées que l’on entend de la bouche de snobinards bobos pseudo eduqués. Ce genre de mecs qui croient avoir compris la vie parce qu’ils sont des inconditionnelles de Hunter. S Thompson et tout ces branquignoles de journalistes gonzo. Aujourd’hui il faut évoluer et éviter ce genre de discours désuets, démodés, surannés. Même si je partage certains de ces avis, il est nécessaire de nuancé le propos. Il ne faut pas tout rejeter en blocs, tout boycotter au nom d’une pseudo contre culture parce qu’à force d’ériger des barrières contre notre société à la con on finit par se déconnecter et on ne sert plus à rien.
Sous prétexte d’une démarche underground, ces soi-disant artistes bobos ne veulent pas que leurs musiques soit écouté par les foules, leurs nouvelles lu par les gens médiocres, leurs films, photos, peintures vu par des gros tas. Je dois dire que ces snobinards élitistes, ethylistes, drogués à s’en déchausser les dents me sortent par les yeux, ils me donnent envie de me jeter par la fenêtre mais étant donné que j’habite au 5eme étage cela m’emmerde un peu.
Il ya un moment où il faut arrêter tous ce blabla car, comme le dit C.Palahniuk, « on se rend vite compte qu’il ne sert à rien de faire quoi que ce soit si personne ne regarde, autant rester à la maison. A se tripoter. »
A.L
atmosphere #2 : PANORAMA

La drogue n’ouvre plus la porte sur le champ élargi de la perception. A vrai dire, il n’est plus d’époque de moissonner les quelques germes de blé qu’il reste de ce qu’on appelait autrefois l’épopée psychédélique. La libération de l’esprit est tarie par l’invocation d’un dieu d’une nouvelle espèce, celui d’une puissance cérébrale amoindrie par une extase de pulsations nerveuses, rythmées par la défonce électronique.
t: F. i: L.
atmosphere #1 : La Belle Arnaque

Le ciel s’assombrit, le vent se lève et balaye leur corps parcourant la ville en quête d’excitation et de nouveauté. Ni but, ni démarche n’est suivie par ces journalistes à l’expérience manquée. C’est sans réelle conviction qu’ils se font porter par la vague de l’improvisation poétique et c’est une violente tempête qui leur éclate la cervelle sur le rocher de la confusion.
t: F. i: L.
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